Mars est le mois où l’on célèbre les femmes. Mais chez SISTERS, on préfère aller plus loin que la célébration. On aime raconter des histoires vraies, des parcours concrets, des femmes qui ont décidé d’occuper des espaces, même ceux qui ne semblaient pas leur être destinés.
Et pour bien débuter ce mois de mars, on va commencer par vous parler d’un monde que beaucoup de jeunes Congolaises regardent de loin, avec admiration et parfois avec une pointe d’intimidation : la diplomatie.
Un salon, des femmes et quelque chose qui change
Fermez les yeux et imaginez : une résidence diplomatique à Kinshasa, sous une chaleur de 32 degrés, une table autour de laquelle sont assises des femmes venues de différents pays. Autour de quelques biscuits, saucisses et samoussas épicés, elles croisent des Congolaises, curieuses, ambitieuses, avec des rêves plein les yeux et encore trop de questions sans réponses.
C’est exactement ce qui s’est passé lors d’une rencontre organisée à la résidence de l’Ambassadeur du Royaume des Pays-Bas, à Kinshasa. Des cheffes adjointes de missions diplomatiques et d’organismes internationaux, accréditées en RDC ont échangé avec un groupe de femmes émergentes, dans un moment rare, intime et inspirant.

L’objectif n’était pas de donner une conférence sur les institutions internationales. Il y en adéjà eu trop. Il s’agissait de quelque chose de bien plus humain : réduire la distance. Montrer que derrière les titres et les protocoles (Excellence par-ci, Excellence par-là), il y a des femmes avec des histoires, des doutes, des détours et une détermination à toute épreuve.
La diplomatie, ce n’est pas un monde à part
Ce qui a frappé dans les récits des diplomates présentes, c’est la diversité de leurs chemins. Certaines ont suivi des études en droit ou en sciences politiques. D’autres sont arrivées à la diplomatie après des expériences dans le développement durable, la santé publique ou la coopération internationale. Comme quoi, il n’y a pas un chemin unique et tout tracé pour devenir diplomate.

Ce message résonne particulièrement fort en ce mois de mars. Parce que l’un des plus grands freins pour les jeunes femmes qui veulent se lancer dans les relations internationales, c’est la fausse conviction, qu’elles ne sont pas à leur place. Que ce monde est réservé à d’autres. Que les portes qui y mènent sont trop lourdes à pousser.
La vérité que les femmes diplomates sont venues partager ce soir-là, c’est que ces portes s’ouvrent. Avec de la curiosité et de la persévérance.
Des Congolaises qui ont déjà ouvert la voie
Et si on cherche des preuves que c’est possible, on n’a pas besoin d’aller loin. La RDC compte aujourd’hui plusieurs femmes qui incarnent cette excellence diplomatique, et leurs parcours valent la peine d’être racontés.
Il y a d’abord Thérèse Kayikwamba, l’actuelle Ministre des Affaires étrangères. Son parcours est une leçon à lui seul : après ses études dans des domaines liés au Management et au Business, elle a travaillé pour la GIZ (Coopération Allemande), Oxfam, les Nations Unies et même pour le groupe Meta(Facebook) avant d’être appelée à diriger la diplomatie congolaise. Elle est la troisième femme à occuper ce poste en RDC après Marie Tumba Nzeza en 2019 et Adrienne Ekila Liyonda en 1987.


Du côté des Ambassadeurs, Yvette Kapinga Ngandu est actuellement Ambassadrice de la RDC aux États-Unis. Elle a construit son expertise au sein de la Commission de l’Union africaine et du Secrétariat des Nations Unies. Ruth Isabel Machik Tshombe a été la première femme Ambassadrice de la RDC en France en 2021.
Il y a Ndaya Katwe Kalombo, a représenté la RDC à l’ONU à Genève. Clémentine Shakembo Kamanga a été Ambassadrice de la RDC en Pologne et en Hongrie. Betsine Kazadi, ancienne Ministre déléguée en charge de la Coopération internationale et de la Francophonie. Micheline Matadi NeMuleba représente actuellement la RDC auprès de Chypre et Fanny Tshiala Tshisuku est l’actuelle Ambassadrice de la RDC au Portugal.
Des noms. Des visages. Des femmes congolaises qui ont choisi d’occuper l’espace international et qui le font avec brio.
Ce que la diplomatie apprend sur soi-même
Pour Elyse Mupa, coordonnatrice des SISTERS et présente lors de cette rencontre, la soirée a eu une résonance toute particulière. Ayant elle-même étudié les relations internationales, elle confie avoir retrouvé, dans les témoignages des diplomates, la flamme de ses propres débuts.
« En les écoutant raconter leurs parcours, je me suis rappelé pourquoi j’avais choisi ce domaine. Cela montre que ces trajectoires sont possibles et qu’elles peuvent aussi inspirer les jeunes Congolaises. »
C’est peut-être ça, le vrai cadeau de cette rencontre. Pas seulement les conseils pratiques comme suivre l’actualité internationale, maîtriser plusieurs langues, développer une pensée analytique, soigner son réseau, mais surtout, la capacité et la confiance de se projeter. De dire : moi aussi, je peux être là.
Mars, le mois où on ose
Célébrer les femmes en mars, c’est bien. Mais chez SISTERS, on croit surtout que la vraie célébration, c’est de créer les conditions pour que les prochaines Yvette, les prochaines Thérèse, les prochaines Ruth émergent.
La diplomatie n’est pas un monde fermé. C’est un monde qui attend des voix nouvelles, des perspectives différentes, des femmes qui ont grandi entre le Congo et le monde et qui ont quelque chose d’unique à apporter à la table.
Alors, à toutes les jeunes Congolaises qui lisent ces lignes : la table internationale existe. Et il y a une place pour vous.