Dans un monde où l’écriture demeure un puissant moyen d’expression, le concours littéraire SISTERHOOD organisé par les Sisters, a révélé des talents insoupçonnés, tapis dans l’ombre et n’attendant qu’une opportunité, celle-ci, pour se révéler au monde.
Parmi eux, Ngoma Bukasa Naomi s’est imposée avec une plume singulière et un texte à la fois incisif et sensible, remportant ainsi la première place de cette première édition.
La Lauréate Ngoma Naomi (à droite)
Son texte, intitulé « Le Sexe », bouscule les perceptions à travers le récit de son personnage principal Mariam, une femme que l’on réduit sans cesse à son rôle de mère, à son corps perçu comme un simple instrument de reproduction. Mais le Sexe, ce n’est pas seulement une chair que l’on convoite ou un ventre que l’on féconde, c’est aussi une identité, une essence trop souvent enfermée dans des carcans imposés que la lauréate a souhaité exhumer de la bulle que des décennies de masculinité toxique ont ancré dans les mœurs.
À travers ce récit, Naomi laisse s’échapper les voix de celles que l’on cantonne à la maternité, à l’ombre des attentes sociétales. À ces corps destinés à perpétuer la vie que l’on a dépourvue d’esprits, d’âmes, d’idées et de rêves.
Ce récit, place Mariam comme le miroir des réalités sociales d’un Congo sexagénaire et hanté par ses démons intérieurs qui l’entravent dans sa quête de s’affirmer et de se libérer de ses chaines forgées par les préjugés et nous interpelle sur la perception du corps féminin et la place de la femme dans la société. En mêlant habilement introspection et dénonciation, Naomi illustre une maturité littéraire qui pour son jeune âge, force l’admiration. Son style singulier, inspiré de Simone de Beauvoire, confère à son œuvre, une portée universelle.
Derrière elle, Konde Emeraude décroche la deuxième place avec un texte empreint d’émotion et de lucidité. Son récit, explore tout en finesse, les luttes intérieures et la résilience des femmes, démontrant une sensibilité qui n’aura pas laissé le jury indifférent. Delices Kanda, complète le podium, avec une prose élégante à travers un regard empathique qui transporte les lecteurs, à travers les complexités de l’existence d’une congolaise.

Au-delà de cette compétition, le concours SisterHood a été un révélateur d’idées et d’engagements divers de la part des participantes ayant fait le déplacement. Nous remercions toutes les autrices, qui ont été particulièrement enchanteresses dans l’évocation de leur conception de la condition féminine, dans des styles qui auront séduit, autant qu’ils ont interpellé nos consciences sur la nécessité de repenser le logiciel mental qui caractérise les membres de notre communauté vis-à-vis du Genre.

La Représentante de la MONUSCO : Madame Winnie Litofe
Cet événement, organisé avec l’appui de Section Genre de la MONUSCO, du Chapitre YALI et du Centre Culturel André Blouin, n’aura pas seulement couronné des lauréates, il aura affirmé avec éclat, que la littérature féminine est une force appelée à bouleverser les codes et à faire rayonner le meilleur de nous : au féminin.
Merci à vous toutes les filles pour votre participation.