Marie Musifu Bougain est juriste et experte en genre. Diplômée en droit international public et en genre et développement, elle a rejoint l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) à 24 ans, devenant l’une des plus jeunes membres de cette organisation internationale.

Issue d’un milieu modeste, elle s’est d’abord forgé une expérience dans le volontariat, et a su créer un réseau professionnel solide avant d’intégrer le monde professionnel.
Son impact trouvait tout son sens dans les objectifs de la FAO, ou, plus de 50 % des bénéficiaires des programmes et projets sont des femmes. En partenariat avec le ministère du Genre de la RDC, elle a contribué à l’élaboration d’une stratégie nationale visant à renforcer l’implication des femmes dans l’agriculture.
À cet égard, Marie souligne la nécessité d’industrialiser le secteur agricole pour maximiser son potentiel. La dernière crise du maïs en 2023, qui avait vu les circuits d’approvisionnement du pays être paralysés, obligeant le Gouvernement à chercher des solutions palliatives pour suppléer au million de tonnes nécessaires à la consommation nationale, a rappelé la triste réalité, de Congolais vivant sur des terres arables, mais incapables de manger à leur faim, faute de production nationale suffisante et soutenue. Avec 80 millions d’hectares cultivables, la RDC produit à peine un quart de sa propre consommation annuelle de maïs, une denrée alimentaire de base dans de nombreuses régions du pays, alors que la Zambie, principal pays vers lequel elle se tourne pour s’approvisionner, en possède 43 millions.
De nombreux défis structurels entravent le développement d’une filière pérenne, auquel s’ajoute la question du Genre, où les femmes, petites productrices, subissent des inégalités liées à l’accès au financement et la possession des terres sources de conflits familiaux, voire ethniques.

Le parcours de Marie s’est forgé par sa volonté à s’impliquer dans les questions touchant à l’égalité des sexes au sein d’une organisation de jeunes, ce qui a fini par la faire remarquer. Marie exhorte les jeunes femmes à « rêver grand », à travailler dur et à investir dans la formation continue.
Son message est clair : avec ambition, compétence et foi, il est possible de surmonter les obstacles, tout en promouvant l’égalité des sexes dans tous les secteurs.
Un cri de cœur qu’elle lance pour encourager les femmes à s’investir dans l’agriculture, un domaine qui constituera la principale richesse durable de la RDC après l’ère post-minière.