C’est dans une atmosphère pleine de solennité et dans la retenue habituelle qu’ont connait aux écrivains, que la deuxième édition du Prix CARINE NOVI s’est déroulée le mardi 10 décembre dans l’espace américain de l’Université protestante au Congo, à Kinshasa. Initié par les anciens bousiers du programme YALI pour l’Afrique de l’Est en hommage à l’une des leurs, Carine Novi Safari, militante des droits des femmes, décédée en 2021, il vise à récompenser les textes de jeunes écrivains engagés contre les violences basées sur le Genre (VBG). Des 35 textes reçus cette année,seuls 15 ont passé l’étape de la présélection et concouru à l’édition finale qui s’est conclue simultanément dans cinq villes de la RDC.
La Directrice du Centre culturel Américain, Laetitia Ngalula s’adressant aux participants de Kinshasa
Comme en 2023, le Centre Culturel Américain a appuyé cette initiative en apportant des ouvrages aux vainqueurs et en facilitant la vidéo-conférence entre cinq villes de la RDC. Pour cette édition, la Directrice du Centre, Madame Laetitia Ngalula, a rappelé l’engagement des États-Unis à promouvoir des initiatives portées sur l’élimination des formes de violences envers les femmes, dont ce prix en est l’expression dans la sphère littéraire congolaise. Elle a vivement encouragé les jeunes auteurs, particulièrement les femmes, à prendre la plume pour dénoncer avec leurs mots, les maux qui rongent les communautés dans lesquelles, les femmes sont des victimes d’un système qui les marginalisent. Tout en saluant le combat mené par Carine Novi, dont la vie était consacrée à réduire ces inégalités, elle a exhorté l’assistance à une prise de conscience collective contre ce fléau.
Les participants présélectionnés ont eu l’occasion de présenter un résumé de leurs textes en présentiel et en ligne et d’en motiver l’écriture par rapport au contexte des VBG en RDC. L’occasion de découvrir des cas personnels, vécus par les auteurs eux-mêmes et qu’ils ont décidé de transcrire à l’écrit, comme témoignage d’une réalité face à laquelle, la communauté prend de plus en plus conscience.
Le premier prix est revenu à Madame Arlette Kindula de Kinshasa avec Malaïka : le combat d’une jeune femme pour la liberté. Un témoignage personnel sur les vicissitudes de la vie d’une femme prisonnière des préjugés dans la société contemporaine.
Jonathan Batandi, originaire de la ville volcanique de Goma, a séduit avec son émouvant : Cette terre n’a plus d’âme. Un récit mêlant mélancolie, culpabilité et éveil des femmes vers leurs droits pour plus d’autonomisation.
La dernière palme récompense la nouvelle de John Elenga de Kisangani » le péché d’être une femme » où Nyota, personnage trentenaire porte son âge avancé comme un fardeau sous les regards des commères.
La Lauréate de l’édition 2024, Arlette Kindula recevant son prix
Le Chapitre YALI entend à travers cette initiative, mobiliser les jeunes auteurs et écrivains dans l’optique d’emmener un changement de comportement et une collectivisation de ce combat qui ne doit pas rester le seul apanage des femmes, a confié Trésor KALONJI, Président du Chapitre YALI, hôte de la cérémonie.
Après la proclamation des résultats, l’activité s’est soldée par un copieux repas et un réseautage entre les différents participants.