Derrière son nom aux accents prédestinés, Bienveillance Nzita révèle une personnalité qui alterne entre différentes postures, fruit de ses convictions militantes. Quand nous l’avons rencontré et parcouru avec elle, les contours de son œuvre, on y découvre un style, où l’intime rencontre le politique, où la quête identitaire se mêle au regard inquisiteur que la société pose sur la condition féminine. À travers ses écrits, cette jeune autrice congolaise se présente comme une voix singulière, portée par une conscience profonde des inégalités qui traversent son époque.
Son dernier ouvrage, Femme Leader pour un Leader, s’inscrit dans un registre hybride, entre essai et manifeste. Loin du simple plaidoyer, Nzita y présente des parcours, des modèles et des réflexions ancrées dans sa propre expérience. Elle y interroge la capacité des femmes à occuper l’espace public, à briser les carcans sociétaux et à s’affirmer sans renoncer à elles-mêmes. Sans céder à l’écueil du didactisme, son propos reste accessible, porté par une prose qui évite les effets de manche au profit d’une pédagogie sobre et efficace pour les non-initiés.

Mais c’est dans son projet romanesque en cours, Elikya — « espoir » en lingala —, que son écriture gagne en profondeur. Une fiction qui retrace l’itinéraire d’une jeune femme marquée par le rejet et le deuil dont l’autrice explore avec subtilité la résilience et la reconstruction. Le style, y est à la fois épuré et sensible, cherchant davantage à suggérer qu’à démontrer, privilégiant les non-dits aux déclarations péremptoires. Si certaines métaphores flirtent parfois avec un lyrisme appuyé, l’ensemble demeure maîtrisé, évitant le piège d’une écriture trop démonstrative.
Au-delà de ses textes, Bienveillance Nzita est le reflet de cette nouvelle génération d’auteurs qui inscrivent leur travail dans un engagement plus large pour les causes sociétales.

Fondatrice de Salon de Femmes, espace de dialogue entre l’art et le militantisme, elle y conjugue volontiers littérature et action sociale. Un positionnement qui soulève la question du statut de son écriture : s’agit-il d’une œuvre autonome ou d’un prolongement discursif de son combat pour les droits des femmes ?
Si l’avenir littéraire de Nzita reste à suivre, une chose est certaine : son écriture, ancrée dans une vision du monde claire et assumée, ne peut pas laisser indifférent. Reste à voir comment, dans ses prochains textes, elle parviendra à affiner sa voix et à dépasser l’intention pour toucher à l’universel.